Que faire si vous trouvez un jeune animal sauvage abandonné?

Je comptais vous parler du cas du petit animal sauvage abandonné seulement au printemps prochain. Oui, mais voilà, j’ai eu très envie de participer au carnaval d’articles proposé par Mickaël donc ça va se faire tout de suite! Smile 

Un carnaval d’articles, c’est lorsque plusieurs blogueurs, à l’initiative de l’un d’entre eux, écrivent sur le même thème. Tous les articles sont résumés par la personne à l’origine de l’événement et sont ensuite réunis sous la forme d’un ebook. Cela permet à tout le monde de varier ses lectures, d’accéder à de nouveaux blogs et c’est amusant de découvrir les approches totalement différentes qui sont développées par chacun à partir d’un thème commun.

Mickaël s’occupe du blog couriruntrail.fr. Je vous encourage à aller le consulter, il raconte son histoire qui montre que nous sommes tous capables de nous dépasser. Vous pouvez la lire ici. Il donne des conseils pour s’entraîner à la course à pied et au trail et écrit des chroniques de livres sur ces sujets. Ne partez pas en courant* si vous êtes aussi peu sportif que moi et que cela ne vous tente pas, vous pourrez y trouver de l’inspiration pour vous motiver en général. J’aime bien l’un des slogans de Mickaël : “Humain ordinaire cherche à réaliser de grandes choses”.

*jeu de mot! Winking smile

Alors, le thème de ce carnaval? Il s’agit de “gérer l’abandon”. Vous pourriez me dire : quel rapport avec la nature? Mais, en vrai, vous avez déjà compris le rapport que j’ai trouvé! Nous allons voir ensemble les bons gestes à adopter lorsque l’on trouve un jeune animal sauvage abandonné.

Animal sauvage abandonné : le cas du faon

faon couché seul

1) La découverte

Vous vous promenez dans la campagne ou vous vous entraînez pour votre prochain semi-marathon en forêt lorsque, tout à coup, vous voyez un mouvement dans les herbes. Vous vous approchez et là, surprise, vous découvrez un faon couché à terre. Vous ne savez pas s’il s’agit du petit d’une biche ou d’une chevrette (femelle du chevreuil) mais cela ne change pas grand-chose. Vous le regardez, il est trop mignon et votre petit cœur se serre en pensant qu’il est tout seul et que la nuit va tomber dans quelques heures. Vous ne savez pas quoi faire mais votre instinct maternel/paternel s’est activé et il vous faut absolument sauver ce petit animal sauvage abandonné!

Vous êtes une personne sensible (c’est chouette), vous aimez les animaux (c’est formidable) et vous voulez faire du bien à la nature (ça y est, je vous aime! Red heart Red heart Red heart).

2) La bonne réaction

Alors, je vous donne tout de suite le meilleur geste à faire pour respecter la nature :

NE FAITES RIEN ET REPARTEZ TRANQUILLEMENT!

Oui, je sais, ça choque la première fois, désolée… Je vous explique tout, ne paniquez pas! 

Dans le monde animal, très souvent, les mâles ne sont pas présents lorsque les femelles mettent bas et élèvent leur(s) petit(s). C’est le cas du cerf et du brocard (chevreuil mâle), pour reprendre notre exemple. Les femelles s’occupent seules de leur rejeton qu’elles allaitent mais elles ont besoin de passer beaucoup de temps à chercher leur propre nourriture. Du coup, elles laissent leur petit tout seul, caché au milieu des hautes herbes. La nature a prévu deux astuces pour protéger cet être vulnérable : sa tenue de camouflage qui lui permet d’être très discret et son absence d’odeur corporelle qui l’aide à échapper au flair des prédateurs.

Même si elle n’est pas visible, la mère reste proche de son petit, elle le rejoint régulièrement -en faisant des détours afin de tromper l’ennemi- pour s’en occuper et le faire téter.

3) La mauvaise réaction

Si vous vous approchez du faon, vous le stressez forcément. Si vous le touchez, vous lui transmettez votre odeur. Si vous le déplacez, vous risquez de le blesser ou qu’il vous blesse. Quant à la mère, vous allez l’affoler et, si elle retrouve votre odeur sur son petit, il y a de grandes chances pour qu’elle l’abandonne “pour de vrai”, cette fois.

Donc pas de caresses, pas de cris pour prévenir tous les promeneurs du coin, pas de séance de selfies et que sais-je encore! Vous remettez les herbes en place et vous vous éloignez doucement, le sourire aux lèvres, parce que cette rencontre inattendue est tout de même un beau cadeau de la vie! Smile 

Il est fréquent que les gens ramassent un faon en croyant bien faire, en pensant lui sauver la vie. J’ai lu que certaines personnes qui travaillent dans les centres de soins aux animaux sauvages appellent ça “le syndrome Bambi”. Elles essaient de reposer le plus vite possible le faon à l’endroit où il a été trouvé mais la mère le rejette souvent. Alors, maintenant que vous êtes au courant, passez le message à vos amis et à votre famille afin d’éviter qu’ils fassent, sans le savoir, cette bêtise assez répandue.

4) Même fonctionnement : le cas du levraut

Précisez-leur aussi que la hase (femelle du lièvre) agit comme la biche et la chevrette. Elle met bas de plusieurs levrauts (photo du haut de l’article) qui n’ont aucune odeur corporelle et qui sont déjà dotés d’un pelage complet pour se réchauffer. Ils ont également la faculté de se déplacer très tôt après leur venue au monde et ils naissent avec les yeux ouverts. Tout cela leur permet de fuir devant un danger malgré leur jeune âge. La hase peut même séparer ses petits de quelques dizaines de mètres les uns les autres afin de multiplier leurs chances de survie. Elle reste dans les parages mais se rend très peu auprès de ses bébés qui peuvent se contenter d’une seule tétée par jour. Donc, encore une fois, un levraut isolé n’est pas un animal sauvage abandonné et il vaut mieux le laisser tranquille, d’autant plus que le lièvre est extrêmement sensible à toute forme de stress.

Au fait, je vous signale au passage que si vous voulez apprendre à différencier une biche d’un chevreuil ou un lapin d’un lièvre, tout est expliqué dans mon guide Pour que le lièvre et le lapin arrêtent de se moquer de vous! Smile

Animal sauvage abandonné : le cas de l’oisillon

oisillon emplumé à terre

Trouver un oisillon à terre, voilà quelque chose qui arrive souvent dès le début du printemps, à la campagne ou à la ville.

1) L’oisillon est tout jeune

Si vous trouvez un tout jeune poussin presque nu ou un oisillon paré de duvet ou de quelques plumes, il y a des chances pour qu’il soit tombé du nid.

Depuis que nous sommes enfants, on nous répète qu’il ne faut jamais toucher des œufs dans un nid -ni des oisillons- parce que les parents les rejetteraient. Évidemment, nous sommes d’accord, on doit éviter de manipuler des œufs et de déranger des animaux sauvages, encore plus lorsqu’ils sont bébés. Cependant, contrairement aux idées reçues, les oiseaux n’abandonnent pas si facilement leurs petits.

Dans le cas de notre oisillon, si vous savez où se trouve son nid (a priori au-dessus de l’endroit où vous l’avez trouvé), le mieux est de le reposer délicatement dedans et de s’éloigner doucement. Vous pouvez surveiller de loin le retour des parents qui devrait avoir lieu dans les 30 minutes qui suivent. Les oiseaux ayant un odorat peu développé, ils ne devraient pas s’offusquer du parfum de leur progéniture, surtout si vous avez mis des gants (conseillé) et que vous avez été rapide.

Si le nid est détruit, trop haut ou non visible, vous pouvez construire un substitut de nid avec un petit récipient garni d’herbes que vous attacherez solidement dans un arbre proche. Il y a de grandes chances pour que les parents viennent nourrir leur petit qui criera famine, même s’il a changé de chambre sans demander l’autorisation!

2) L’oisillon est grand

Si vous voyez un oisillon bien emplumé qui se déplace avec maladresse (comme a priori celui de la photo du dessus), il s’agit certainement d’un juvénile qui est sorti un peu tôt du nid par excès de curiosité ou pour faire ses premiers envols. Cela arrive souvent avec les chouettes, par exemple. Là encore, ne vous inquiétez pas, ses parents entendront ses cris et lui apporteront à manger. Laissez-le vivre ses expériences tranquillement.

Toutefois, vous pouvez estimer que la situation est vraiment délicate pour lui : il est au bord d’une route, votre voisin a une douzaine de chats… Dans ce cas, contentez-vous de le mettre à l’abri en le posant doucement sur une branche un peu haute ou un muret.

Sachez que le taux de mortalité des oisillons est assez élevé dans la nature et que le stress est mauvais pour nos amis à plumes. Tous les “sauvetages” ne se terminent pas le mieux du monde. Cet été, par exemple, j’ai installé un petit moineau dans un semblant de nid au cœur d’un arbuste très fréquenté par les oiseaux de cette espèce. Comme il était déjà bien emplumé et assez gros, j’étais assez optimiste sur son avenir. Malheureusement, j’ai constaté sa mort le lendemain. Il faut dire qu’il m’avait été livré vivant par ma chatte, ce qui n’est pas la meilleure façon de voyager…

3) Une exception

jeune martinet

Les hirondelles et les martinets sont difficiles à remettre dans leur nid. Les martinets ne se posant jamais au sol, les adultes ne viendront pas nourrir leurs petits trop bas. Ils font partie des oiseaux qui sont les plus confiés aux centres de soins et c’est ce que je vous conseille de faire si vous trouvez un jeune martinet. Le nourrir vous-même serait compliqué et très contraignant.

J’ajoute qu’un adulte à terre, même s’il ne semble pas blessé, a également besoin de vous! Un martinet peut difficilement décoller du sol, il se jette seulement dans le vide. Prenez-le délicatement dans les mains, placez-les en hauteur et attendez qu’il s’envole de lui-même, sans le lancer.

 

Animal sauvage abandonné : les bons réflexes, les bons interlocuteurs

1) Comment savoir si c’est bien un animal sauvage abandonné?

Vous l’avez sans doute compris, il vaut souvent mieux s’abstenir plutôt qu’avoir à une réaction inappropriée qui peut condamner le jeune animal à une vie en captivité, au réel abandon ou à la mort.

Évidemment, il y a des exceptions et il arrive que les petits soient effectivement livrés à eux-mêmes. Pour vous en assurer, vous pouvez repasser plus tard et évaluer l’état de l’animal. Vous le trouverez peut-être sale, affaibli, affamé… Vous pouvez également faire un tour rapide et discret afin de vérifier qu’aucune femelle morte ne se trouve à proximité.

Bien sûr, il est aussi tout à fait possible que vous constatiez avec certitude que l’animal qui se trouve devant vous, jeune ou adulte, est blessé ou malade.

Si c’est le cas, essayez de prendre du recul avant d’agir. Vous avez certainement un smartphone sur vous avec lequel vous allez pouvoir trouver des informations utiles et prévenir les autorités adéquates. Les autorités? Et oui, la loi française protège la faune sauvage et on ne fait pas ce que l’on veut avec elle…

2) Qui contacter si l’on trouve un animal sauvage abandonné ou en danger?

En France, la loi interdit de nourrir, de déplacer et de détenir un animal sauvage sans autorisation. Même s’il est mort. Oui, même s’il est mort.

Avant de faire quoique ce soit avec un animal sauvage en danger, vous devez contacter :

  • l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS)
  • le centre de sauvegarde de la faune sauvage le plus proche de chez vous (liste ici)
  • éventuellement la gendarmerie ou la mairie

Vous pourrez obtenir des conseils fiables de la part :

  • d’un vétérinaire
  • de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO)
  • de toute autre association naturaliste

Si vous n’arrivez à joindre personne, essayez les réseaux sociaux! La plupart des associations et des centres de sauvegarde de la faune sauvage tiennent une page Facebook. En dernier recours, tournez-vous vers les groupes Facebook de passionnés de la nature mais ne faites pas confiance au premier venu, recoupez les informations avant de passer à l’action!

bébés hérissons

Mon article étant déjà bien long, j’ai laissé de côté un animal protégé qui a souvent besoin d’aide : le petit hérisson. Il vous faut intervenir rapidement si vous êtes certain que sa mère est passée sous les roues d’une voiture ou si vous le trouvez isolé. Il aura immédiatement besoin d’être réchauffé et protégé des mouches. Précisons que tout hérisson, bébé ou adulte, visible en pleine journée est un animal en danger à cause des pontes des mouches (une fois nés, les asticots le dévorent). 

Là encore, vous pouvez vous tourner vers le centre de sauvegarde de la faune sauvage le plus proche et/ou prendre contact avec le sanctuaire des hérissons.

 

3) Comment capturer et transporter un animal sauvage abandonné ou en danger?

Si l’on vous demande de transporter l’animal jusqu’au centre de soins ou que vous n’avez d’autre choix que de le prendre avec vous, des précautions s’imposent.

Bien sûr, il est toujours préférable de porter des gants. Les rapaces ont des serres acérées, les mammifères mordent (risque de rage, notamment avec les chauves-souris), les oiseaux possèdent un bec pointu… Pour capturer l’animal, il est conseillé de le recouvrir d’un tissu puis de le prendre calmement en le tenant à bout de bras. Il doit être ensuite placé dans un carton adapté à sa taille,  bien fermé mais troué pour permettre à l’air de se renouveler. Une cage n’est pas recommandée, l’animal affolé risquerait de s’y blesser. Vous pouvez placer le chiffon dans le carton s’il ne fait pas de peluches, votre petit protégé sera peut-être content de s’y pelotonner ou de s’y cacher.

A partir de là, vous allez secouer et ouvrir le moins possible ce carton car un animal sauvage a naturellement peur de l’homme. De plus, l’obscurité et le calme le rassurent. Ne lui donnez ni à boire ni à manger tant qu’un spécialiste ne vous a pas donné le feu vert pour le faire. Vous pourriez aggraver la situation s’il est blessé ou si vous vous trompez dans le type de nourriture qu’il consomme (les oiseaux, notamment, n’ont pas tous le même régime alimentaire). En revanche, placer une bouillotte (ou une bouteille remplie d’eau chaude) entourée d’un tissu près de lui peut être utile. Les petits ont besoin de chaleur, idem pour un adulte en état de choc.

4) Quels soins apporter à un animal sauvage abandonné ou en détresse?

Ce titre est un piège, je ne donnerai pas de conseils sur les soins à apporter à un animal sauvage abandonné récupéré dans la nature! D’abord, parce que je ne souhaite pas vous encourager à rentrer dans l’illégalité. Ensuite, parce que je n’en ai pas les compétences. Enfin, parce que ce serait beaucoup trop long. Renseignez-vous, encore une fois, auprès de personnes qualifiées. (cf. paragraphe précédent)

Dans tous les cas, n’oubliez pas qu’il s’agit d’une grosse responsabilité qui peut demander beaucoup de temps et que vous devrez éviter au maximum les contacts avec lui (seulement les soins et le nourrissage) afin de lui permettre de retourner à la vie sauvage le plus facilement possible. Il ne doit pas devenir votre petite mascotte ou le nouveau toutou de la maison! Il y a des condamnations tous les ans de particuliers qui ont “adopté” illégalement un animal sauvage abandonné et celui-ci leur est presque systématiquement retiré.

 

J’espère que cet article vous a été utile et que vous saurez ce qu’il faut faire (et ne pas faire) si vous vous retrouvez dans ce genre de situations. Heureusement, cela n’arrive pas tous les jours! Smile

Je ne peux terminer sans souligner le travail formidable réalisé par tout un tas de bénévoles à travers la France dans les centres de sauvegarde, les associations et les refuges. Ces passionnés consacrent beaucoup de temps et d’énergie à aider les animaux. Si le cœur vous en dit, vous pouvez les soutenir en donnant une somme d’argent, du matériel ou un peu de votre temps (quelques heures de nettoyage, de bricolage, de soins aux animaux…). A ma connaissance, il n’y a pas de structure près de chez moi mais j’aimerais beaucoup visiter un tel endroit et, pourquoi pas, y intervenir.

Et vous, vous en pensez quoi? Vous êtes plutôt du genre à laisser faire la nature ou à vouloir recueillir chaque animal sauvage abandonné que vous croisez? Vous avez des anecdotes à nous raconter? La partie commentaires vous attend! Winking smile 

Crédits photos : toutes les photos sont libres de droits et viennent du site pixabay.com

2 thoughts on “Que faire si vous trouvez un jeune animal sauvage abandonné?

  1. super article: utile et très intéressant 😉 je vais garder le lien en direct au cas où… et au printemps, on construira peut être des petits nids pour aider les moineaux qui viennent nicher sous le préau (trop de morts sur une courte période à mon goût).
    Encore merci

    1. Merci Marine! Oui, bonne idée, on pourrait essayer de sauver des petits moineaux au printemps prochain! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.