Défi “Sorties nature” 2018 (n°10) : Je chasse les petites bêtes!

J’essaie de varier les thèmes dans mon défi “Sorties nature”. Lorsque j’ai vu l’intitulé de cette sortie, j’ai immédiatement décidé d’y participer! Smile 

Ce n’est pas un hasard si cette animation sur les petites bêtes a été organisée à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin car cette commune a été pionnière dans le Loiret pour s’engager dans le “zéro pesticide”. La municipalité semble être dynamique en ce qui concerne le respect de la nature et l’éducation à l’écologie ; une élue est même venue nous saluer durant l’après-midi. De plus, je vous en parlais dans le compte rendu de cette sortie, la réserve naturelle de Saint-Mesmin se trouve en partie sur le territoire de Saint-Pryvé. Je ne connais pas encore ce coin très réputé (la pointe de Courpain) et j’ai hâte de le découvrir! 

Sortie n°10 : Papillons, coccinelles et compagnie… à la rencontre du petit peuple de l’herbe

Saint-Pryvé-St-Mesmin (Loiret), association Loiret Nature Environnement (clic), gratuit

Déroulement :

Nous étions quelques personnes à avoir répondu présent pour participer à cette découverte des petites bêtes. Normal : il faisait très chaud, c’était le weekend des Journées du Patrimoine et de nombreuses manifestations étaient organisées le même jour. La glace a vite été rompue grâce au petit nombre de curieux et grâce à un jeu proposé en introduction. Le but était d’associer les caractéristiques des grandes espèces de petites bêtes que nous étions susceptibles de rencontrer avec les espèces en question. Voici ce que ça donnait :

  • les arachnides : 8 pattes, pas d’ailes ni d’antennes (araignées)
  • les myriapodes : de 18 à 752 pattes (les “mille pattes”)
  • les annélides : pas de pattes ni de colonne vertébrale mais une succession d’anneaux (vers)
  • les crustacés : 8 à 16 pattes et généralement 4 antennes (cloportes, par exemple)
  • les gastéropodes : pas de pattes mais un pied , pas de squelette interne mais un corps mou (escargots, limaces)
  • les insectes : 6 pattes, corps en 3 parties (tête, thorax, abdomen)

Notre animatrice nous a bien précisé que ces petites bêtes, à part les  gastéropodes (escargots et limaces) et les annélides (vers) étaient des arthropodes. Cela paraît assez normal lorsqu’on sait que cet embranchement regroupe 80% des espèces animales connues. Elle a précisé que tous les insectes ne volaient pas mais que tous les arthropodes qui volaient étaient forcément des insectes. Logique : une araignée, un mille-pattes ou un cloporte ne va pas se mettre à voler!

Ce qu’il est important de retenir dans tout cela si vous n’y connaissez pas grand-chose en petites bêtes : les insectes possèdent 6 pattes. C’est la base de la base pour savoir si vous avez affaire à un insecte! Et, comme elles sont munies de 8 pattes, les araignées sont à part…

CECI N’EST PAS UN INSECTE :

araignée

Notre guide nous a ensuite exposé l’utilité des arthropodes :

  1. ils décomposent les matières organiques
  2. ils disséminent les graines
  3. ils participent à la pollinisation des plantes à fleurs
  4. ils servent de nourriture à certains animaux et ils en dévorent d’autres
  5. ils sont pour certains d’excellents auxiliaires (aides) au jardin potager
  6. ils servent de colorant (cochenille du Mexique, colorant E120)
  7. ils nourrissent certaines populations humaines
  8. ils sont utilisés en médecine (un type de mouche mange les peaux mortes, par exemple)
  9. ils sont utilisés pour des recherches scientifiques (mouche du vinaigre pour l’étude du génome)
  10. ils aident les médecins légistes à déterminer l’heure de la mort d’une victime (les Experts, vous connaissez?) 

Ensuite, nous sommes allés découvrir l’endroit où l’après-midi allait se passer. Il s’agissait d’une petite prairie au cœur d’un quartier résidentiel, près de tout un complexe de gymnases, de stades et de salles culturelles. Évidemment, peu de vert en cette mi-septembre, après autant de semaines de sécheresse.

friche St-Pryvé

Cet espace est fauché seulement une fois par an afin de permettre à la végétation de se développer et à la faune de vivre en paix. Quelques troncs d’arbres morts ont été déposés pour offrir le gîte et le couvert aux petites bêtes qui en sont friandes. De nombreux gîtes à insectes ont été installés. Nous avons observé tout ça de près, d’autant que la pédagogie a été réfléchie : certains tubes réservés aux pontes d’abeilles sauvages sont transparents, ce qui permet aux curieux de nature de regarder comment ça se passe vraiment à l’’intérieur!

tubes transparent dans hôtel à insectes

Armés d’un filet à papillons et d’une boîte d’observation, nous sommes ensuite partis à la chasse aux insectes et autres citoyens du peuple de l’herbe. Cela va peut-être vous surprendre mais c’était la première fois que je faisais ça! Je crois que je n’avais jamais utilisé de filet à papillons de toute ma vie! J’adore observer la nature et je n’éprouve aucun besoin de toucher les petites bêtes ni de les emporter avec moi. Je n’ai pas envie de les déranger, je me contente d’être témoin de leur vie lorsque je les croise et, éventuellement, de les photographier.

Sauf que, là, il s’agissait de les identifier et pour cela, je reconnais qu’il est plus pratique de les avoir sous les yeux. Je l’avoue, j’ai été assez lamentable dans cette chasse et je suis rentrée bredouille! Pourtant, je n’ai pas ménagé mes efforts. J’ai parcouru la friche alors que je n’étais pas équipée pour marcher dans des herbes hautes (sandales ouvertes, bas des jambes nus en cette journée très chaude) et j’ai passé du temps en plein soleil bien que je sentais que cela commençait à me chauffer un peu trop la nuque. Mon seul butin a été un papillon qui est venu se poser lui-même sur mon filet! Et encore, je ne l’avais pas vu, c’est une enfant qui participait à la sortie qui me l’a signalé! Open-mouthed smile 

Heureusement, mes coéquipiers ont été plus efficaces que moi et nous ont permis de nous exercer un peu à l’identification des petites bêtes grâce à des clés d’identification.

identification des petites bêtes

Nous avons donc observé :

  • une punaise rayée Graphosoma
  • une piéride de la rave (Pieris rapae, papillon sur l’image du haut)
  • un azuré commun mâle et un azuré commun femelle (papillons, Polyommatus icarus)
  • un hétérocère non identifié (papillon de nuit)
  • un criquet
  • une sauterelle
  • une fourmi

punaise Graphosoma

Tout cela nous a bien occupés mais de nombreux autres sujets ont été abordés lors de cette sortie. Notre animatrice nous a conseillé des ouvrages sur les différents thèmes et elle nous a distribué des plaquettes. Je n’ai pas encore pris le temps de bien les regarder mais je fais tout à fait confiance à l’association qui propose des livrets de qualité.

Bilan

J’ai bien aimé passer l’après-midi dehors, à tourner dans cette petite prairie et à entendre parler d’insectes, d’oiseaux, de végétaux, d’écologie… Le fait que ce soit en ville a amené une touche différente à cette sortie. Le nombre restreint de participants a été un point positif : nous avons créé des liens rapidement les uns avec les autres et nous pouvions poser toutes les questions qui nous venaient en tête.

J’ai eu le plaisir de voir que je commençais à acquérir quelques connaissances mais, bien entendu, j’ai aussi appris plein de choses!

 3 des choses que j’ai apprises lors de cette sortie :

  • C’est un peu “ringard” de parler de ça parce que la classification a changé mais la plus grande différence entre les rhopalocères (papillons de jour) et les hétérocères (papillons de nuit) ne tient pas au fait que les uns volent le jour et les autres la nuit. La preuve, c’est un hétérocère qui est venu se poser sur mon filet alors que nous étions en plein après-midi! En fait, il faut regarder les antennes car les rhopalocères possèdent des massues au bout de celles-ci. On les voit par exemple sur cette photo d’azuré commun mâle ou Polyommatus icarus. J’ai aussi choisi ce cliché parce qu’il permet de voir le bleu du dessus et l’orange du revers des ailes de ce papillon très répandu en France.

 

azuré commun

 

  • Parmi les petites bêtes ramassées, il y avait une punaise rayée (photo plus haut). Notre guide nous a précisé que, dans la nature, la couleur rouge rimait avec danger. Les prédateurs évitent donc ce genre de proies. Toujours parmi les punaises, il y a le fameux “gendarme” qui regroupe en réalité différentes espèces. Savez-vous d’où vient son surnom? Tout simplement de l’uniforme des anciens gendarmes qui était rouge et noir!

gendarme

  • Les passionnés de petites bêtes, les entomologistes, ont tous leur spécialité (punaises, papillons, abeilles sauvages, criquets…) Il faut dire qu’il existe tant d’espèces! Malgré tout, ils peuvent reconnaître de visu seulement 10% des insectes de leur spécialité. Les différences sont si minimes qu’ils ont souvent besoin d’un microscope ou d’analyses ADN. Cela explique pourquoi nous n’avons même pas essayé d’identifier le criquet et la sauterelle ramassés lors de cette sortie. De savoir ça, je trouve que cela décomplexe bien! Winking smile

observation au microscope

 

Je me rends compte que j’ai oublié de préciser que nous avons rapidement  rendu leur liberté à tous ces insectes. Il est toujours préférable de ne pas les garder enfermés trop longtemps et de les relâcher à l’endroit où on les a trouvés car s’ils étaient là, c’est qu’il y avait une bonne raison!

Bon, vous savez (presque) tout sur mon après-midi chasse aux petites bêtes maintenant! Smile Est-ce que c’est une activité que vous avez déjà pratiquée? Cela vous donne envie de vous y mettre?

 Crédits photos : photos personnelles et photos libres de droits du site pixabay.com

 

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