Défi “Sorties nature” 2018 (n°7) : Je découvre le lac de Grand-Lieu

Après la Bourgogne et le muséum de Dijon, je suis partie quelques jours à Nantes. Il était évident que j’allais faire une sortie dans ce coin afin d’avancer dans mon défi “Sorties nature”! Pas besoin de chercher longtemps lorsque l’ami qui m’accueillait m’a conseillé le lac de Grand-Lieu. Je n’en avais jamais entendu parler alors qu’il est considéré comme la 2ème réserve ornithologique de France après la Camargue! Je ne pouvais pas rater ça! 🙂
 

Sortie n°7 : Visite guidée de la Maison du Lac de Grand-Lieu

Maison du Lac de Grand-Lieu (clic), Bouaye (Loire Atlantique), 8€

Déroulement :

Le lac de Grand-Lieu se situe au sud-ouest de Nantes et il faut entre 15 et 25 minutes pour y accéder lorsqu’on vient de cette ville.

Je suis arrivée à la Maison du Lac à 14h, heure du rendez-vous. En fait, il était un peu trop tôt (le départ de la visite guidée était en réalité à 14h15) ou un peu trop tard (pas vraiment le temps de regarder les expositions présentées avant que ça ne commence). J’ai tout de même fait un tour rapide et constaté que c’était un espace moderne avec une scénographie intéressante.

J’ai donc découvert les espaces dans cet ordre :

  • le sentier du lac (visite guidée)
  • le Pavillon Guerlain (visite guidée)
  • la visite du centre d’exposition (visite libre)

1) le sentier du lac de Grand-Lieu

Nous sommes partis à une quinzaine de personnes suivre ce sentier d’un kilomètre  en compagnie d’une guide de la Maison du Lac. Nous nous sommes arrêtés tout au long du parcours pour écouter ses explications. Le chemin est bien aménagé, chaque arrêt se fait sur une terrasse en bois avec un grand banc. Pratique pour se reposer ou pour permettre aux blogueurs de prendre des notes! Winking smile Il manquait seulement un peu d’ombre en cette journée très ensoleillée pour que ce soit parfait.

Notre animatrice nous a parlé de l’histoire du lieu qui est très ancienne puisque les hommes préhistoriques venaient profiter de cette réserve d’eau douce, y pêcher et y chasser.

Elle nous a également décrit les différents milieux entourant le site. Le Conservatoire du Littoral, qui gère les zones humides de plus de 1000 hectares, achète des terrains afin de créer une zone tampon entre le lac et les parties urbanisées. Cette zone est gérée de manière naturelle avec, notamment, un fauchage très raisonné. Cela profite aux plantes sauvages (nombreuses espèces végétales répertoriées) ainsi qu’aux animaux (sangliers, biches, chevreuils, renards, lièvres, rongeurs…) Bien sûr, les insectes sont très présents.

Nous avons appris que la surface du lac de Grand-Lieu doublait en hiver! Il y a donc des prairies inondées qui se retrouvent à sec une partie de l’année. Le brochet, le grand prédateur du lac, aime pondre dans ces prairies périphériques immergées où il n’y a pas de courant. un brochet

Les agriculteurs ont obtenu qu’un canal d’évacuation de 3 km soit créé afin qu’ils puissent exploiter des terres un peu plus sèches. Ce canal relie donc les eaux du lac à la Loire et une série de vannages hydrauliques ont été installés pour éviter que de l’eau salée de l’estuaire ne “contamine” le lac. Le canal est l’endroit rêvé pour les larves de libellules! Ces jolis insectes sont très nombreux autour du lac. J’en ai rarement vu autant et c’était un vrai plaisir pour les yeux! Smile

Au fil de toutes ces explications, nous entendions beaucoup parler du lac de Grand-Lieu mais nous ne le voyions absolument pas! J’ai été un peu surprise puisque je n’avais pas vraiment étudié le plan et que je pensais que nous allions observer le lac et ses habitants en différents points. J’avais même apporté mes jumelles pour ne rien rater! Bon, je me disais que l’horaire n’était pas favorable à l’observation des oiseaux mais j’y croyais tout de même…

C’est à la fin du sentier que le Lac arrive enfin! Attention, on n’y accède pas si facilement! Une porte fermée à clé barre l’entrée d’un pont enjambant le canal d’évacuation. Ce pont ne nous amène pas directement au bord du lac (en tous cas pas en été) mais près du Pavillon Guerlain.

2) le Pavillon Guerlain et le lac


Pavillon Guerlain du Lac de Grand-Lieu et sa fameuse terrasse d'observation

M. Guerlain aimait beaucoup chasser le gibier d’eau et appréciait le lac de Grand-Lieu. Après avoir investi dans la SCI qui gérait les terres, il devient propriétaire avec sa femme et le couple se fait construire ce très beau pavillon de chasse en 1958. Sans enfants et voulant préserver les lieux, ils lèguent leurs biens à l’État une vingtaine d’années plus tard. En 1980, ces terres sont classées réserve naturelle nationale (statut de protection le plus élevé en France). C’est la Société Nationale de Protection de la Nature qui gère la réserve.

Ayant connu 15 ans d’abandon, le Pavillon Guerlain a nécessité de gros travaux avant son ouverture au public. Je ne vous dirai pas ce que l’on y trouve maintenant pour ménager votre surprise si vous y allez. Sachez simplement que la féérie est au rendez-vous et que, selon sa sensibilité ou son âge, on est plus ou moins touché par ces mises en scène. Moi, j’avais surtout hâte de rejoindre l’étage car, après avoir déambulé dans les différentes pièces, on atteignait l’endroit le plus important de la visite : la terrasse d’observation! (On la voit sur la photo du haut) Ça y est, le lac était là, sous mes yeux!

Alors, comment vous dire? J’ai trouvé ça à la fois décevant et magnifique.

Décevant, parce que je n’ai vu qu’un tout petit bout du lac. Normal, la réserve fait 6000 hectares! Mais, ce que je veux dire, c’est qu’il y avait peu d’eau visible pour un lac aussi immense. La végétation est dense en été et le niveau de l’eau est au plus bas. Décevant aussi parce que moi, j’avais surtout en tête le côté ornithologique de cette sortie. Je comptais observer des oiseaux, en apprendre de nouveaux, tout en ayant conscience que l’horaire était peu propice à ces découvertes. Alors oui, nous avons vu des oiseaux mais rien de très original : des mouettes rieuses, une grande aigrette, un héron, des grèbes huppés, des foulques macroules, une buse variable et, tout de même plus rare, un milan noir. C’était la première fois que j’en voyais un en sachant ce que c’était! Smile J’ajoute que tout était bien organisé, des paires de jumelles et une longue-vue étaient à notre disposition.

Magnifique, en même temps, parce que le paysage était beau et paisible. Nous nous sommes tous dit que le couple Guerlain avait vraiment une belle vue du haut de sa terrasse! La faune était présente mais assez éloignée. Cela donnait l’impression d’être des témoins privilégiés d’une nature totalement livrée à elle-même. C’est presque vrai puisque seulement 7 pêcheurs professionnels agrémentés sont autorisés à naviguer sur tout le lac ainsi qu’une poignée de personnes qui font des analyses et des observations scientifiques.

Jugez plutôt du spectacle :

Lac de Grand-Lieu vu de la terrasse d'observation

Imaginez qu’en hiver, les arbres perdent leurs feuilles et l’eau monte jusqu’au pied de la terrasse. Le paysage est totalement différent…

Après ce temps d’observation et d’échanges avec notre animatrice, elle nous a rouvert la porte et nous sommes retournés vers la Maison du Lac en autonomie. J’en ai profité pour me promener, pour prendre quelques photos, pour observer des insectes…

3) le centre d’exposition

J’ai passé un moment assez long dans le centre d’exposition que j’ai trouvé particulièrement attrayant. Les différentes informations sont délivrées de manière originale et moderne. Et des informations, il y en a! J’ai (presque) tout appris sur le lac de Grand-Lieu : sa formation, son occupation au fil des siècles, sa faune (oiseaux, insectes, amphibiens, nuisibles…), sa flore, ses différents aspects en fonction des saisons, les différents milieux qui l’entourent (roselières, prairies humides, forêts humides, bocages…), les organismes et collectivités qui en assurent sa gestion… Je n’ai pas TOUT lu, ça faisait trop, mais j’ai quand même pris connaissance de la plupart des panneaux explicatifs.

Une exposition temporaire a également retenu mon attention : Incroyables voyageurs, l’aventure au fil de l’eau! Elle présente une dizaine d’animaux des zones humides (pas forcément présents dans le lac) qui migrent pour leur survie, que ce soit pour trouver de la nourriture, échapper à des températures trop dures ou se reproduire. Je n’ai pas lu attentivement tous les panneaux car ça commençait à faire beaucoup mais je les ai photographiés pour le faire plus tard, à tête reposée.

Je suis allée rapidement découvrir les extérieurs qui sont agréables. Trois nids d’oiseaux géants, notamment, y sont présentés. Original! 🙂

Le centre d’exposition abrite également un centre de documentation que je ne suis pas allée voir mais qui, j’imagine, est fort intéressant. J’ai vu que des conférences étaient organisées de temps en temps.

Bilan :

J’ai passé un bel après-midi à découvrir le lac de Grand-Lieu. Vous l’avez compris, je n’avais pas imaginé les choses de cette façon. Ma frustration digérée, j’ai vraiment apprécié les différentes étapes de la visite. J’ai aimé cet équilibre entre le temps passé à l’extérieur avec une petite marche et le temps passé à l’intérieur à regarder les expositions.
Si j’habitais dans ce coin, je serais ravie de pouvoir y aller régulièrement. Je m’inscrirais certainement à l’une des rares visites organisées à l’aube afin de tenter d’observer les stars des lieux : les spatules blanches! Les voici sur une photo trouvée sur internet :

spatules blanches  
Je chercherais à approcher le lac en d’autres points. Bon, quand je dis ça, ne vous imaginez pas que ça pourrait se passer comme pour l’étang du village à côté de chez vous! 😉 Il y a bien un chemin de randonnée qui en fait le tour mais, selon les saisons, il peut être à des centaines de mètres de l’eau! Et il mesure 73 km de long! Il est formellement interdit d’entrer dans la réserve nationale sans autorisation et je ne suis pas du genre à passer outre ce type de consignes.

J’ai appris qu’un observatoire insonorisé existait tout de même sur l’une des communes proches du lac, Passay. On n’y accède en petit groupe, toujours accompagné, et ce pendant seulement quelques mois de l’année. Je sais aussi que des tours en bateau électrique silencieux sont possibles sur une toute petite partie du lac, ou du moins du marais, dans la parcelle classée réserve régionale.

Je dois également vous dire que, si j’ai un peu souffert du manque de proximité avec le lac de Grand-Lieu et ses habitants, j’ai été agréablement surprise par toutes les précautions prises pour ne pas déranger la faune et la flore. Imaginez-vous que les guides qui font les visites tous les jours n’ont eux-mêmes jamais navigué sur le lac! Je trouve ça émouvant de voir qu’un tel respect de la nature est possible à notre époque. En fait, le lac de Grand-Lieu est un sanctuaire où l’on nous demande de nous faire tout discret, où l’on accompagne chacun de nos déplacements pour ne surtout rien perturber. La nature y est reine et seuls les avions (silencieux) qui traversent le ciel au loin nous rappellent la civilisation toute proche. C’est joli et aussi un peu triste, quand on y réfléchit. Cela montre à quel point nos actions sont destructrices pour la biodiversité alors que nous sommes nous-mêmes des mammifères appartenant à l’écosystème qui nous entoure. On ne devrait pas avoir besoin de mettre la nature sous cloche pour qu’elle évolue normalement…

3 des choses que j’ai apprises lors de cette sortie :


    • On fait du pâté de ragondin! C’est plus terre à terre que ce que je vous racontais juste avant mais je ne savais absolument pas que cela existait. J’ignore si c’est développé dans les communes autour du lac de Grand-Lieu mais, ce qui est sûr, c’est que ses eaux regorgent de cet animal! Il est considéré comme nuisible, à l’instar du rat musqué, car il creuse des galeries dans les berges et les affaiblit. Il déséquilibre également la flore locale et transporte différentes maladies. Son développement est rapide puisque les femelles ont plusieurs portées par an et que les adultes ne connaissent aucun prédateur naturel dans notre pays. En Amérique du Sud, d’où le ragondin est originaire, il est régulé par les caïmans, les alligators, les jaguars… Des piégeurs agréés tentent d’en capturer le plus possible dans les communes voisines du lac de Grand-Lieu et reçoivent une prime pour chaque rongeur attrapé. On parle là de plus de 10 000 captures par an, c’est dire s’il est prolifique dans les eaux du lac… Bon, revenons, à notre pâté! Vous en avez déjà goûté? Vous êtes tenté? Moi, j’hésite mais, si j’en ai l’occasion, j’imagine que j’essaierai… A quand le ragondin dans les rayons des supermarchés? Winking smile
      boîtes de conserve


      Au fait, si vous vous demandez à quoi ressemble un ragondin et comment on le différencie d’un rat musqué, tout est expliqué dans mon guide Pour que le lièvre et le lapin arrêtent de se moquer de vous! Winking smile

    • Je vous en parlais un peu plus haut, le lieu est propice aux libellules. Je savais déjà des choses sur les libellules mais j’ai eu des précisions. Les larves de libellules passent 3 ans dans l’eau puis elles se métamorphosent et vivent un an en dehors de l’eau. Elles n’ont bien sûr pas du tout le même aspect selon leur lieu de vie. Lorsque c’est le moment de se transformer, elles s’accrochent à un végétal et perdent leur enveloppe que l’on appelle alors une exuvie. Nous avons observé différentes libellules lors de cette visite guidée dont une rouge vif qui a attiré l’attention de tous. Il s’agissait d’un  spécimen du genre Sympetrum. Je n’ai pas eu le temps de faire de photo…

      libellule sympetrum

    • J’ai retenu une plante qui doit être assez commune dans les endroits très humides : l’iris des marais (Iris pseudacorus). Elle fait des fleurs jaunes en juin et il paraît que le spectacle est magnifique dans certaines prairies immergées jouxtant le lac de Grand-Lieu. Elle a un pouvoir de purification et est utilisée dans des systèmes d’épuration des eaux usées. Je l’ai photographiée dans le Pavillon Guerlain, sur un papier peint tout fleuri! 🙂

      iris des marais, détail d'un papier peint du Pavillon Guerlain, lac de Grand-Lieu

Voilà pour cette sortie nature! Et vous, vous aviez déjà entendu parler du lac de Grand-Lieu? Vous avez envie de le découvrir, maintenant? Est-ce que ça vous touche, comme moi, de savoir qu’il existe des zones naturelles aussi bien protégées dans notre pays?

Crédits photos : photos personnelles et photos libres de droits du site pixabay.com

4 thoughts on “Défi “Sorties nature” 2018 (n°7) : Je découvre le lac de Grand-Lieu

  1. Merci pour ce compte rendu que j’attendais avec impatience 😉. Cela donne bien envie de découvrir ce lieu, surtout en sachant que j’habite à côté !

    1. Merci de m’avoir orientée vers ce lieu! 🙂

      Ce serait chouette que tu nous dises ce que tu en as pensé si tu y vas! 😉

  2. Belle visite! Merci pour toutes ces infos!
    Il faudra venir à la maison pour observer les iris des marais et chasser le ragondin pour s’en faire un bon pâté!
    On se retient ce bon plan pour le printemps hein!

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