Défi “Sorties nature” 2018 (n°15) : le Jour de la Nuit

Le 13 octobre dernier avait lieu le Jour de la Nuit. Cette manifestation, qui existe depuis 2009, a été  lancée par l’association Agir pour l’Environnement (très bonne association qui a de belles initiatives, à découvrir ici). Elle encourage notamment les collectivités à couper leur éclairage public pour une nuit… avec l’idée de les inciter à le réduire le reste du temps.

Bien entendu, il y avait plusieurs animations sur ce thème dans le Loiret et j’en ai choisi une pour mon défi sorties nature!

La sortie choisie était organisée en partenariat avec la ville d’Orléans, propriétaire du Parc de Charbonnière. Celui-ci se situe au bord de la forêt d’Orléans, à laquelle il n’appartient pas, même si ses 150 hectares sont en grande partie boisés. De nombreuses espèces animales et végétales y sont représentées.

Le domaine de Charbonnière a été acquis par la ville d’Orléans en 1974 qui l’utilise comme parc municipal ouvert à tous.

Le château de Charbonnière, construit entre 1894 et 1900, fort de ses 74 pièces, est proposé à la location pour des mariages ou autres événements. Regardez, il est là :

Château de Charbonnière, Jour de la Nuit

Sortie n°15 : sortie le Jour de la Nuit

Parc de Charbonnière, Saint Jean de Braye (Loiret), association Loiret Nature Environnement (clic), gratuit
 

Déroulement :

Jour de la Nuit oblige, notre animateur a fait un point sur les problèmes causés par la pollution lumineuse, sujet mis à jour assez récemment puisqu’il est étudié seulement depuis une dizaine d’années. Parmi les désagréments, on peut citer :

  • le coût de l’éclairage public qui représente environ 1/3 de la facture d’électricité des communes
  • la pollution engendrée par l’électricité consommée, que ce soit les déchets centrales nucléaires ou les rejets des centrales au charbon
  • le non-accès à l’astronomie : 1/3 de la population mondiale ne voit jamais la voie lactée
  • les atteintes à la biodiversité : les plantes ont besoin de l’alternance jour/nuit pour respirer et croître, les insectes nocturnes attirés par la lumière meurent d’épuisement après avoir tourné des heures autour des lampadaires, les oiseaux doivent pouvoir observer les étoiles lorsqu’ils migrent…

Après ce petit exposé d’une quinzaine de minutes, notre guide nous a dit que nous allions nous faire une petite marche jusqu’à un étang. L’aller serait consacré à des explications diverses alors que le retour se ferait de nuit et serait l’occasion d’être à l’écoute de nos sens autres que la vue lors de cette promenade.

Le Jour de la Nuit a eu un grand succès cette année à Orléans : nous étions une cinquantaine de personnes! J’avoue que ma réaction a été un peu mitigée : j’ai trouvé formidable qu’autant de gens se sentent concernés mais je n’avais pas tellement envie de me mêler à cette foule. Partager les observations et les informations avec autant de monde me semblait difficile.

Nous sommes d’abord passés devant le château puis nous avons rejoint la forêt.

Parc de Charbonnière, forêt, Jour de la Nuit

Nous nous sommes arrêtés régulièrement pour écouter/observer la nature et entendre les explications de notre animateur sur des sujets très différents :

  • le géotrupe appelé communément “bousier” car il se nourrit d’excréments
  • les trous de pics qui servent d’abris au fil des ans à différents oiseaux puis éventuellement à des guêpes
  • le rouge-gorge qui chante surtout le matin et le soir
  • le lierre qui est une plante commensale, c’est-à-dire qu’il ne cause pas de dommage à l’arbre qui “l’accueille’”
  • l’horloge florale : les fleurs ne s’ouvrent pas toutes en même temps. L’ornithogale en ombelle (Ornithogalum umbellatum), par exemple, est surnommée “Dame de 11 heures” car c’est l’heure de sa floraison.
  • etc

Nous avons fait le silence en arrivant près d’une clairière car c’était l’endroit idéal pour apercevoir des animaux. Il y avait encore des visiteurs, dont l’un équipé d’un drone un peu bruyant, donc cette précaution s’est avérée inutile…

Notre animateur nous a plutôt présenté la fruticée : partie occupée par des arbustes faisant la transition entre la plaine et la forêt. Nous avons donc observé des cenelles (fruits farineux du cenellier ou de l’aubépine), un prunellier, un alisier

lumière du soir sur espace enherbé, parc de Charbonnière, Jour de la Nuit

Nous sommes arrivés à l’étang du Ruet au moment où la lumière commençait à décliner, vers 19h30. Notre guide avait avec lui une batbox afin d’entendre les chauves-souris. Rappelez-vous, je vous en ai déjà parlé ici. Nous avons donc vu et écouté des pipistrelles communes. Quelques oiseaux étaient sur l’étang : une grande aigrette, des aigrettes garzettes, une poule d’eau.

Le retour vers le château s’est fait pratiquement en silence, avec quelques arrêts tout de même pour de nouvelles explications. Le rythme de marche était un peu soutenu mais la plupart des gens s’étant déplacés en couple, chacun tenait le bras de l’autre. Du coup, aucune chute à déclarer lors de la sortie Jour de la Nuit! 🙂

 

Bilan :

J’ai été un peu déçue par l’introduction à propos de la pollution lumineuse. Je pensais que les informations données seraient bien plus nombreuses et bien plus détaillées, en ce Jour de la Nuit.

Le rendez-vous était à 17h30 et, à cette heure-ci, il ne faisait pas sombre du tout. J’ai eu l’impression de suivre une sortie nature classique, intéressante mais sans trop de rapport avec la nuit.

Le nombre élevé de participants m’a un peu gênée même si je trouve que notre animateur s’en est bien sorti pour que le plus de monde possible entende/voie quelque chose. Les personnes elles-mêmes étaient à l’écoute et respectueuses des consignes. Il y avait plus de calme que lors de certaines sorties nature suivies par 15 ou 20 curieux!

J’ai apprécié les explications de l’aller mais j’ai surtout aimé l’expérience du retour dans l’obscurité. Tout avait été très bien pensé, en fait, il fallait faire confiance à l’organisateur!

Bon, je me dis tout de même que je choisirai une sortie 100% nocturne lors du prochain Jour de la Nuit.

 

3 des choses que j’ai apprises lors de cette sortie :

  • Je savais que les sangliers pratiquaient la souille mais je n’avais jamais eu l’occasion d’en observer de près. Nous en avons vu une à côté d’une mare.

    La souille, c’est lorsque l’animal se plonge dans la boue. Il régule ainsi sa température corporelle et se débarrasse d’un certain nombre de parasites. Le sanglier a pour habitude de se frotter ensuite à un arbre et, normalement, on peut observer de grandes traces de boue sur le tronc d’un arbre proche. Cela n’a pas été le cas au parc de Charbonnière, les animaux préférant peut-être un arbre plus éloigné…

    Vous voyez la grosse flaque sur la droite? C’est un peu comme une baignoire remplie de boue!


    mare avec souille à sangliers, Jour de la Nuit

 

  • Il existe des conifères caducs, c’est-à-dire des conifères qui perdent leurs aiguilles à l’automne. Nous avons par exemple admiré un superbe cyprès chauve (Taxodium distichum) près du château de Charbonnière. Cette plante, originaire du sud des Etats-Unis, aime les endroits humides et se fait parfois appeler “cyprès de Louisiane”.

    Il prend de jolies couleurs en automne avant de perdre ses aiguilles.
    cyprès chauve, Taxodium distichum, Jour de la nuit
    cyprès chauve détail, Taxodium distichum, Jour de la nuit
  • Notre regard a tout de suite été attiré, lors du retour, par des lampyres (Lampyris noctiluca). C’est le nom un peu savant des vers luisants.

    Savez-vous que cet animal ne ressemble absolument pas à un ver? Normal, il fait partie des coléoptères! Les mâles ressemblent bien à de petits coléoptères tandis que les femelles ont une apparence bien différente : sans ailes, elles sont plus proches d’un physique de larve. Elles sont environ 3 fois plus grandes que les mâles.

    Vous le savez peut-être, seules les femelles luisent dans la nuit. Enfin, les mâles ont la possibilité de briller un peu eux aussi mais cela n’a rien à voir. Le but de ces dames est bien sûr d’attirer des prétendants. Elles ont tendance à se mettre en hauteur pour allumer leurs lampions et se faire bien remarquer. Certaines agitent même un peu le bas de leur abdomen pour être encore plus repérables!

    Si vous voulez voir des photos de mâles ou en apprendre un peu plus sur le phénomène particulier de la bioluminescence, je vous invite à aller lire ce site.
    Voici une jolie photo de femelle en pleine action (la petite tête est en haut et ce sont les derniers segments de l’abdomen qui sont éclairés) :

ver luisant, Lampyris noctiluca, Jour de la Nuit, photo de David Evans de flickr.com

 

Voilà pour mon expérience du Jour de la Nuit! Cela m’a donné envie de passer plus de temps dans la nature le soir ou la nuit mais, avec le froid qui arrive, je ne sais pas si je vais le faire prochainement… Winking smile 

Au fait, vous aviez conscience des soucis engendrés par la pollution lumineuse? Vous en aviez déjà entendu parler?

Crédits Photos : Photos personnelles sauf la dernière qui est de David Evans du site flickr.com

 

2 thoughts on “Défi “Sorties nature” 2018 (n°15) : le Jour de la Nuit

  1. Je laisse un commentaire, histoire de retenir quelques informations. J’ai une Livebox mais certains possèdent aussi une batbox. Grâce à la souille, j’ai compris l’origine du verbe “se souiller”. Enfin je dénonce cette supercherie : à les voir enfin de près, je trouve en effet que le ver luisant n’a rien d’un ver. Une question pour terminer : l’ornithogale à ombrelle s’est-elle adaptée au changement d’heure ? 🙂

    1. Merci de ton passage, Laurent! 🙂

      Pour répondre à ta question, l’ornithogale se fiche bien des changements d’heure puisque sa floraison a lieu entre avril et juin! 😉

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