Défi “Sorties nature” 2018 (n°4) : Mystérieuses chauves-souris!

Le défi “Sorties nature” se poursuit allègrement. Pour l’instant, aucun souci! Smile

Sortie n°4 : Mystérieuses chauve-souris!

Maison de la forêt, Paucourt (Loiret), Conservatoire d’Espaces Naturel Centre Val de Loire, 5€

Déroulement :

Une amie et sa fille ont souhaité m’accompagner lors de cette sortie. Nous avons visité ensemble la Maison de la forêt avant que l’animation ne démarre.

Nous nous sommes ensuite installées dans la salle des fêtes toute proche. Un bénévole de l’association, passionné par les chauves-souris, nous a présenté cet animal mystérieux. En fait de présentation, il s’agissait d’une véritable conférence! Les informations délivrées étaient nombreuses et cela a duré plus d’une heure et demie. La chaleur de la salle et la fatigue ne m’ont pas aidée à rester attentive ; j’ai lutté et ai tout de même réussi à suivre jusqu’au bout. Le public était nombreux -une cinquantaine de personnes- mais plusieurs familles sont parties, découragées par la longueur de l’intervention et le fait que ce ne soit pas adapté aux enfants. 

A la fin de la conférence, nous étions tous bien contents de bouger et de nous dégourdir les jambes! Notre guide avait apporté un sonomètre (ou “batbox”) afin de nous faire écouter les ultrasons émis par les chauves-souris. Nous sommes partis en groupe à leur rencontre mais cela ne s’est pas passé comme prévu. Présentes habituellement près d’une mare privée et autour des lampadaires des rues adjacentes, à chasser les insectes, elles n’étaient pas au rendez-vous ce soir-là! Avaient-elles senti que quelque chose se tramait? Winking smile

Nous sommes finalement partis en forêt, faire une promenade bien plus longue que prévu, à la recherche de nos fascinants chiroptères (nom savant qui désigne les chauves-souris, en latin Chiroptera). Notre persévérance a payé puisque nous avons fait quelques brèves rencontres. Nous avons entendu les ultrasons via le sonomètre et aperçu quelques spécimens isolés.

Une collation était offerte à l’issue de la sortie. Cette fois-ci, j’ai préféré rentrer rapidement prendre une bonne douche et me reposer! Smile

Bilan :

J’aurais aimé une présentation plus dynamique et plus interactive. Je reconnais néanmoins avoir beaucoup appris. Au niveau pratique, je me rends compte que, quoiqu’en disent les organisateurs, il est souvent préférable de prévoir de l’eau, de bonnes chaussures, un pantalon et une lampe si cela se passe le soir. J’avais oublié la mienne et, à un moment, j’ai été bien contente de sortir mon téléphone pour éclairer le chemin. Une entorse est vite arrivée dans la pénombre!

Comme lors de la première sortie, qui s’était également déroulée à Paucourt, j’ai apprécié le fait de faire une petite marche et de profiter de la fraîcheur du soir. C’était la première fois que j’entendais des ultrasons émis par des chauves-souris et j’ai bien aimé cette expérience. J’aurais bien sûr préféré voir plus d’animaux mais c’est la nature qui décide! Quant à mes amies, je ne suis pas sûre qu’elles aient apprécié la longue introduction ni la promenade en claquettes dans le noir (avec quelques ronces et orties pour pimenter le tout!). Je crois qu’elles ne vont pas se précipiter pour m’accompagner à une prochaine sortie nature! Winking smile

colonie de chauves-souris (roussettes)

  colonie de roussettes (ne vivent pas en Europe mais j’avais envie de mettre cette photo pour illustrer)3 des choses que j’ai apprises lors de cette sortie :

  • Les chauves-souris sont les seuls mammifères réellement capables de voler. Les femelles font un seul petit chaque année qu’elles allaitent pendant plusieurs semaines. Lors de ses premiers jours, le bébé s’accroche à sa mère et l’accompagne partout. Par la suite, il reste au gîte et attend sa mère qui revient le nourrir régulièrement.

 

  • Selon les saisons, les chauves-souris n’habitent pas à la même adresse!

A la fin du printemps, les femelles se regroupent pour mettre bas et s’occuper des jeunes. Elles choisissent un gîte de mise bas au calme, avec une température élevée et près d’un territoire riche en insectes. Les mâles, de leur côté, sont moins exigeants sur le choix de leur gîte d’estivage et peuvent s’y installer seuls.

A partir de fin août, lorsque les jeunes de l’année sont tous capables de voler, les chauves-souris se déplacent et des rencontres se font entre mâles et femelles. Certaines vont même se retrouver en grand nombre dans des endroits spéciaux pour batifoler ; on les appelle les “sites de swarming” (lieux de rendez-vous). Avec cette organisation, le brassage génétique est assuré.

Durant le mois de novembre, la nourriture se faisant de plus en plus rare et les températures de plus en plus basses, les chiroptères rejoignent leur lieu d’hibernation auquel ils sont en général fidèles. En solitaire ou en colonies selon les espèces, ils vont y dormir tout l’hiver. Ce gîte est généralement très humide, avec une température stable n’excédant pas 12°C, sans courant d’air, dans le noir et au calme. Pendant leur hibernation, les chauves-souris puisent dans leur réserve de graisse accumulée au printemps et en été. Leurs battements cardiaques sont très réduits, leur circulation sanguine est presque arrêtée, elles respirent avec des apnées et leur température corporelle est seulement d’un degré au-dessus de l’air ambiant.
Il ne faut JAMAIS réveiller une chauve-souris en hiver! Cela lui demande tant d’énergie pour revenir à elle que sa vie est gravement compromise si elle se réveille avant le printemps. Elle n’aura sûrement pas assez de forces pour recommencer l’expérience.

une des chauves-souris qui hibernent

  • Les éoliennes sont très dangereuses pour les chauves-souris. Ce mode de production d’électricité écologique provoque malheureusement de nombreux décès de chiroptères.
    Il semble que les chauves-souris soient attirées par les éoliennes. On ne sait pas vraiment si elles les confondent avec des arbres, si elles sont intéressées par les insectes qui les entourent ou si elles font simplement preuve de curiosité. Elles se cognent directement dans les pales mais sont également victimes d’un phénomène assez horrible : le mouvement rapide des pales entraîne des changements de pression importants autour d’elles qui peuvent leur déclencher une hémorragie interne fatale.

Plusieurs études ont montré que le risque pouvait être très réduit avec des gestes simples comme arrêter les éoliennes lorsque le vent est faible, les chauves-souris ne sortant pas en cas de vent fort. Le dossier est jugé très sérieux par les associations de défense des animaux qui estiment qu’elles sont les premières victimes des éoliennes. Leur nombre étant en forte régression (rappelons qu’elles sont totalement protégées depuis 1976), des mesures doivent être prises pour les sauvegarder.

Voilà seulement quelques informations parmi tout ce que j’ai appris lors de cette soirée! En tous cas, je ne regarderai plus les chauves-souris de la même façon! J’étais contente de voir qu’elles étaient revenues chez moi cet été après une absence de plusieurs années. J’espère les revoir l’an prochain, quand elles seront sorties de leur longue léthargie! Et vous, vous pensez quoi des “reines de la nuit”? Vous êtes de ceux qui en ont peur ou qui les apprécient? Winking smile

Crédit photo : photos libres de droit, la première, légèrement recadrée, est de Gilles San Martin du site flickr.com et présente une chauve-souris “murin de Daubenton”

10 thoughts on “Défi “Sorties nature” 2018 (n°4) : Mystérieuses chauves-souris!

  1. Pareil, je ne regarderai plus les chauves-souris de la même façon!!!!!
    Non, je les appréciais bien déjà avant …… cette CONFERENCE et cette promenade nocturne ne m’en ont pas dégoûté!!!!!
    Cette expérience avait son charme….
    Et si, je suis prête à refaire une sortie nature avec toi Flore!!

    1. Super Lolo! Alors on remet ça bientôt! 😉

  2. Je suis témoin!!!! Flore a pris plein de notes pendant la conférence!!
    Et il y avait plein de gâteaux à la collation!!!
    Je me rappelle qu’il y a environ 37 espèces de chauves-souris en France….. et 118 dans le monde…( je crois, peut-être……)
    Voilà!
    Ah si, si une chauve-souris rentre dans votre maison, il faut ouvrir toutes les fenêtres et éteindre les lumières!!
    Voilà!
    Bisous Flore

  3. Merci pour ton commentaire et pour avoir essayé de donner des informations complémentaires! 🙂

    Bon, je me permets de corriger tes données : notre conférencier a parlé de 34 espèces de chauves-souris en France métropolitaine et de 1 118 pour le monde entier!

    Je lis sur des sites internet sérieux qu’il y en aurait plus de 1 200 en fait…

    A bientôt pour d’autres aventures! 🙂

  4. C’est quand même extrêmement rare d’en voir! Je crois que ça ne m’est arrivé une seule petite fois (en France…). Cet animal m’attire par son côté mystérieux mais m’effraie tout autant, ceci étant dû à tout le fantasme que cet animal procure… Tu en vois où toi…?

    1. Non, Mimi Crocro, ce n’est pas rare du tout! (même si leur nombre a fortement diminué)

      J’en vois chez moi, tout simplement! 🙂 Mais pas seulement.. Il y en a même en ville. Je parle de les voir en vol, au crépuscule ou dans la nuit. Il est possible que tu en rencontres régulièrement mais que tu les confondes avec des oiseaux…?

  5. Saut Flore, merci pour cet article qui nous en apprend plus sur les Chiroptera. Cette sortie devait être sympa du fait qu’elle se passe en début de nuit.

    @+

    1. Merci Vincent! La fraîcheur du soir a été grandement appréciée! 🙂

  6. Pour ma part, j’ai eu la chance de retrouver ma Bloggeuse préférée dans cette forêt de Paucourt que je connais bien ! Effectivement, le passionné de chiroptera n’était pas un conférencier, mais bon ! J’ai appris plein de choses que je n’oublierai pas grâce à toi et à ton blog, merci Flore…
    Moi aussi, je tente de donner une info supplémentaire. J’ai également des chauves-souris qui tournoient à la nuit tombée autour de la maison et il m’est arrivé d’en débusquer, bien malgré moi, suspendues la tête en bas ! Mais comment font-elles pour rester accrochées alors qu’elles dorment ? Réponse, si je me souviens bien (mais Flore me corrigera si je me trompe !) : leur poids agit comme un levier formé par leurs griffes… astucieux, non ?
    A bientôt

    1. Merci de ta participation! 🙂

      Effectivement, le poids d’une chauve-souris qui a la tête en bas tire naturellement sur les tendons qui replient les griffes. Elle ne fait donc aucun effort pour rester accrochée!

      PS : C’est vrai qu’on croise des gens bien à ce genre de sorties! 😉

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