Défi “Sorties nature” 2018 (n°14) : dernière visite à l’Arboretum National des Barres?

Lorsque j’ai vu que l’Arboretum National des Barres organisait, comme tous les ans, ses Journées de l’Arbre, j’ai immédiatement décidé de l’inclure dans mon défi sorties nature!

Cet arboretum se situe à seulement une vingtaine de minutes de chez moi mais ne pensez pas que je vous parle d’un petit parc sans grand intérêt!

Son histoire est ancienne puisque le domaine des Barres a été acquis en 1821 par le célèbre horticulteur Philippe André de Vilmorin (Oui, vous connaissez ce nom! Winking smile). En 1873, il a abrité la première école forestière française. D’une superficie de presque 300 hectares, le domaine accueille actuellement une antenne de l’Institut national de Recherche en Sciences et Technologie pour l’Environnement et l’Agriculture (l’IRSTEA), une antenne de l’institut national de l’information géographique et forestière (l’IGN), un lycée agricole et l’ONF qui s’occupe de gérer les 35 hectares de l’arboretum et ses quelques 17 000 visiteurs annuels.

L’arboretum propose en visite libre 3 collections plus belles les unes que les autres :

  • la collection Continentalis qui présente des arbres des 5 continents avec les sujets les plus anciens du lieu.
  • la collection Classifica qui met à l’honneur des végétaux aux couleurs et aux odeurs très variées.
  • la collection Bizarretum qui réunit des variétés plutôt créées par l’homme et qui est donc plus récente.

Pourquoi est-ce que je parle d’une éventuelle “dernière visite”? Parce que l’ONF a informé la presse il y a quelques mois qu’il se désengageait du site, le jugeant trop cher à entretenir et non rentable. Sacré choc pour les Loirétains de l’est qui connaissent l’arboretum depuis toujours, gros remous chez les politiciens qui savent qu’il est un atout touristique pour notre petit coin et joli soutien de nombreux amoureux de la botanique.

Quelques pétitions et réunions plus tard, il a été annoncé que l’ONF continuerait d’entretenir le site et que les collectivités locales, avec l’aide de l’Etat, se chargeraient de l’accueil du public. J’espère que cela se passera effectivement de cette façon et que l’Arboretum National des Barres réouvrira bien ses portes au printemps 2019. Il s’agit de la sauvegarde de collections botaniques exceptionnelles! L’aspect financier est à prendre en compte, bien sûr, mais il y a des éléments de notre patrimoine qui, d’après moi, ont une vocation autre que la rentabilité…

 

Sortie n°14 : visite guidée de l’Arboretum National des Barres à l’occasion des Journées de l’Arbre

Arboretum National des Barres (clic), Nogent-sur-Vernisson (Loiret), ONF, visite comprise dans le prix de l’entrée : 7€

Déroulement :

Nous étions environ 25 personnes pour la première visite guidée du weekend. L’animatrice de l’ONF nous a présenté rapidement l’Arboretum National des Barres et son histoire puis nous avons suivi un petit circuit afin d’étudier plus précisément plusieurs spécimens. Nous avons ainsi reçu des informations sur :

  • les cyprès dont chaque espèce a une odeur différente
  • les pins noirs qui ont été plantés au 19ème siècle pour faire des mats de bateaux
  • les ormes qui sont victimes de la graphiose de l’orme lorsqu’ils atteignent un certain diamètre (maladie fongique transmise par un coléoptère)
  • les féviers sur lesquels il ne fait pas bon se frotter car ils sont munis de grands piquants pour se protéger
  • les parroties de Perse, surnommés “arbres de fer” à cause la dureté de leur bois, qui prennent de magnifiques couleurs en automne (photo ci-dessus)
  • les séquoias qui battent des records de hauteur et de diamètre
  • les ifs qui sont extrêmement toxiques même si j’en ai mangé sans aucun problème (précisions plus bas!)

Bilan :

Ce n’était pas du tout une première pour moi à l’Arboretum National des Barres et, comme à chaque fois, j’ai passé un très bon moment. J’ai aimé la visite guidée et j’ai apprécié passer un moment seule à déambuler dans une (toute petite) partie de parc. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire tout le tour du lieu et de profiter des nombreux exposants pour les Journées de l’Arbre car j’avais d’autres projets qui m’attendaient… 

 

3 des choses que j’ai apprises lors de cette sortie :

  • Les ormes et les charmes se ressemblent mais il y a des astuces pour les différencier. L’écorce du charme est lisse alors que celle de l’orme se crevasse avec les années. De plus, les feuilles de l’orme possèdent une caractéristique très facile à observer : leur base est asymétrique, c’est-à-dire “décalée” au niveau du pétiole (petite tige).

 

 

feuille d'orme

  • Les séquoias à feuilles d’if, appelés aussi “séquoias toujours verts” (Sequoia sempervirens) sont géants en taille. Le plus haut spécimen du Loiret se trouve justement à l’Arboretum National des Barres. Il a été remesuré lors des Journées de l’Arbre et sa taille officielle est de 46 mètres et 40 centimètres.

    Les séquoias géants (Sequoiadendron giganteum) sont énormes, eux, au niveau de leur diamètre. Originaires également de Californie, certains sont si larges là-bas que des routes les traversent! Dans cette région, les incendies sont assez fréquents. Les séquoias géants ont différentes astuces pour ne pas en souffrir : ils perdent leurs branches du bas afin de ne pas prendre feu et stockent de l’eau dans leur écorce spongieuse et fibreuse pour se protéger. Leurs fruits tombés au sol, recouverts d’une cire protectrice, se referment lorsque les flammes passent. Mieux, les incendies sont utiles à ces arbres car leur toute petite graine ne peut germer que si la concurrence a été éliminée.

    On voit sur cette photo des trous dans le bas du tronc, traces laissées par d’anciennes branches tombées au sol :

 

     séquoia géant
Ici le fruit du séquoia géant qui abrite de nombreuses toutes petites graines :

  • Les ifs européens (Taxus baccata) sont des arbres très toxiques, que ce soit au niveau de leurs feuilles, de leurs fruits, de leur écorce… On estime qu’il suffit de 3 fruits pour tuer un cheval! Cette toxicité provient notamment d’une molécule, le paclitaxel, qui s’avère être fort utile pour notre santé puisqu’elle est présente dans des traitements contre le cancer.

    Je vous donne l’information en vous incitant à la plus grande prudence : figurez-vous qu’il y a une toute petite partie de l’arbre qui se mange sans aucun souci. Il s’agit du fruit rouge mais, attention, SANS LA GRAINE DU MILIEU. Ce n’était pas la première fois que je faisais cette expérience mais j’avais oublié ce goût légèrement acidulé et agréable.
    Ca a un côté un peu excitant de “manger de l’if” alors que l’on sait que c’est un arbre très dangereux. Si vous voulez essayer, assurez-vous que vous êtes bien en présence d’un if, recrachez absolument la graine (le “noyau”) sans la croquer pour ne pas libérer son poison et, bien sûr, évitez de le faire devant des enfants!


 

Vous avez quelques informations sur l’Arboretum National des Barres, maintenant! Je vais essayer d’y retourner pendant les vacances scolaires, avant que la gestion ne change de main en novembre. Je vous tiendrai informés! Smile

 

Crédits photos : photos personnelles sauf celle de la feuille de l’orme qui est libre de droits.

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