Défi “Sorties nature” 2018 (n°6) : Vous avez dit “mauvaises herbes”?

Pour la première fois, il a fallu que je me motive pour participer à une sortie nature…

Rentrée de vacances la veille au soir, deux jours plus tôt que prévu à cause d’un problème au gîte que nous louions, j’avais envie de rester tranquille chez moi. Cependant, je sais qu’il faut faire le plus de sorties possible pendant les vacances, lorsqu’il fait beau et que je dispose de beaucoup de temps libre. J’ai aussi conscience que le choix sera plus réduit en hiver et qu’il est préférable de prendre un peu d’avance. Je veux réussir le défi “Sorties nature”! En plus, le sujet de cette animation était, pour une fois, d’ordre botanique puisqu’il s’agissait des “mauvaises herbes”. Et ce n’était pas très loin de chez moi!

Tout ça a fini par me convaincre de me lever de mon canapé! Comme vous allez le voir, j’ai vraiment bien fait! Smile

Sortie n°6 : Pas si mauvaises, ces herbes!

Parc de la Prairie du Puiseaux et du Vernisson, Montargis (Loiret), association Loiret Nature Environnement (clic), gratuit

entrée du parc de la Prairie

Déroulement :

Il a d’abord fallu que j’arrive au lieu où ça se passait et ça n’a pas été si simple. Je ne connaissais pas ce parc naturel départemental alors qu’il est ouvert à tous depuis plusieurs années. J’en avais entendu parler mais je ne voyais pas précisément où il se situait. Mon GPS non plus, d’ailleurs…

Je suis arrivée avec quelques minutes de retard mais je n’ai rien raté. Le public était nombreux puisqu’une trentaine de curieux s’étaient déplacés. L’animateur nous a dit être surpris par ce nombre ; il s’attendait à une poignée de personnes. C’est certainement ce qui se serait passé s’il avait fait 35 degrés ce jour-là, comme en début de semaine. Là, la météo était agréable. J’ajoute que le public était composé d’une majorité de personnes retraitées, je ne sais pas pourquoi. Certaines connaissaient extrêmement bien le sujet du jour et n’ont pas semblé apprendre grand-chose sur les “mauvaises herbes”. Cette animation n’étant pas du tout adaptée aux enfants, il était plutôt positif qu’il n’y en ait aucun.

La présentation de “mauvaises herbes” a démarré dès le parking. Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois sur les quelques dizaines de mètres qu’il y avait à parcourir pour atteindre l’entrée du parc naturel départemental. Normal, les “mauvaises herbes” sont partout! Winking smile

Notre guide a introduit le parc naturel départemental lorsque nous sommes enfin arrivés jusqu’à lui. Il doit son nom au fait qu’il se situe entre deux rivières, le Puiseaux et le Vernisson. Il constitue une “zone éponge” qui absorbe les excédents d’eau en cas de forte pluie. A ce moment-là, des gens se sont esclaffés en disant que cela n’avait pas été assez efficace en 2016, lorsque la ville de Montargis et une partie de son agglomération ont été inondées. Cette zone a certainement très bien fait son travail mais elle n’était pas suffisante par rapport à l’énorme quantité d’eau. Il n’y a pas assez de terrains perméables dans nos cités ; on bétonne partout et on empêche l’eau de pénétrer le sol.

Le parc a une surface totale de 16 hectares. Il se situe sur les terres des communes de Villemandeur, Amilly et Montargis. Propriété du département depuis 2003, géré par l’ONF (Office National des Forêts), il a été aménagé en 2011. Afin de préserver les lieux et de laisser la nature se développer à l’abri, un chemin a été balisé. La boucle mesure un kilomètre de long. Quelques panneaux pédagogiques apportent des informations supplémentaires.

Nous avons donc suivi le parcours et découvert les différentes parties du parc :

mégaphorbiaie, parc de la Prairie

une prairie humide remplie de hautes herbes appelée mégaphorbiaie (sur la droite de la photo)

 

petite prairie, parc de la Prairie
une petite prairie non fauchée

grande prairie, parc de la Prairie

une grande prairie qui dispose d’un observatoire et qui a été fauchée au printemps

 

Plusieurs haies d’arbres sont présentes dans le parc, elles participent à la richesse écologique du lieu. Aucun accès aux rivières n’est prévu pour préserver, là encore, la faune et la flore locales.

 

Notre guide nous a montré de nombreux végétaux en nous donnant différentes informations (passez la souris sur les photos pour avoir le nom des plantes) :

  • la tanaisie qui s’utilise en vermifuge
  • le pourpier qui fait partie du fameux “régimes crétois” et dont on peut manger les feuilles dans une salade de tomates, par exemple
  • le panais qui s’échappe des jardins potagers environnants
  • la renouée des oiseaux dont les graines régalent les… oiseaux!
  • la bryone dioïque qui est la seule CUCURBITACEE originaire de notre continent et que l’on trouve à l’état sauvage (attention, ses baies sont très toxiques!)

pourpier  fleurs de panais  bryone dioïque

  • la vergerette du Canada qui a été introduite en même temps que le commerce des peaux de castors qu’elle servait à emballer
  • le houblon avec lequel on parfume la bière (on utilise seulement les fleurs femelles non fécondées)
  • la benoite urbaine dont la racine sent le clou de girofle et que les anciens utilisaient donc pour soulager le mal de dents
  • la grande berce qui plaît beaucoup aux mouches car ses fleurs sentent l’urine. Ses fruits, eux, ont une odeur plus agréable pour nous puisqu’ils dégagent un léger parfum d’agrume.
  • l’armoise commune qui est très allergisante

benoite urbaine  la grande berce  armoise

  • la chélidoine dont le suc orange est réputé pour soigner les verrues
  • le frêne (arbre) dont on peut faire sécher les feuilles et les utiliser comme du thé
  • la bardane avec ses fruits qui s’accrochent partout et qui a inspiré George de Mestral, l’inventeur du Velcro
  • la consoude qui, comme son nom l’indique, est utile pour ressouder les os en cas de fracture
  • le pissenlit dont je croyais tout savoir depuis mes recherches pour cet excellent article. Winking smile Eh bien non, j’ai tout de même appris quelque chose!  Les petits parachutes disposent de crochets à leurs extrémités afin de pouvoir s’ancrer au sol une fois posés. Sans cela, ils s’envoleraient au moindre brin d’air et la graine ne pourrait jamais germer. Conseil de notre guide pour éviter la prolifération des pissenlits : ne pas tondre trop ras. Si on laisse un peu de hauteur à l’herbe, les parachutes n’atteignent pas la terre et de nouvelles plantes ne peuvent pas se développer.

chélidoine  frène  consoude

  • le lotier corniculé qui nourrit de nombreuses espèces de chenilles et qu’on peut utiliser en engrais vert
  • le gui dont les feuilles traitent l’hypertension
  • l’ortie dioïque qui se consomme de plusieurs façons (soupe, omelette…), avec laquelle on produit un excellent purin pour le potager et, chose moins connue, dont les fibres servent à fabriquer de la ficelle ou du tissu
  • la renouée du Japon qui a été introduite au 19ème siècle pour nourrir les chevaux mais qui est devenue envahissante

 lotier corniculé  ortie dioïque  renouée du Japon
            

Côté animaux, nous avons vu plusieurs chevreuils et notre animateur a attrapé trois papillons dont une piéride du navet et un azuré commun. Il nous les a montrés de près avant de les relâcher. 

 Nous avons terminé en beauté par une petite dégustation de miel. L’association Apiculture en Gâtinais a installé des ruches dans ce parc départemental et la récolte (8 kg tout de même) avait eu lieu la veille! C’est pas la classe, ça, de visiter un parc naturel et de goûter du miel produit à partir des plantes rencontrées? Winking smile Pour la petite histoire, la récolte sera distribuée aux écoles et aux EPHAD des environs.

panneau ruches, parc de la Prairie

De retour sur le parking, notre guide nous a distribué un petit livret de l’association intitulé Plaidoyer pour des herbes…pas si folles! Édité dans le cadre du programme d’action “Pesticides, comment s’en passer?”, il présente différentes plantes sauvages considérées comme des “mauvaises herbes” et donne des conseils aux jardiniers de manière humoristique.

Bilan :

Je suis ravie d’avoir découvert un nouvel endroit nature! J’ai repéré un chemin près du parking qui permet certainement de faire une petite promenade bien sympathique. A tester! Des feuilles présentant des interventions dans les parcs naturels loirétains étaient accrochées sur les panneaux d’information : j’ai donc découvert de nouvelles sorties nature!

J’ai beaucoup appris sur les “mauvaises herbes”, bien sûr. Maintenant, il va falloir s’entraîner à les reconnaître et à les mémoriser! Comme vous vous en doutez peut-être, il n’a pas toujours été facile de bien voir les plantes présentées par notre guide. A 30 personnes, avec un périmètre retreint à cause des barrières, c’était un peu compliqué… J’ai essayé de prendre des photos pour garder des traces. Refaire ce genre d’animations sera très utile pour progresser.

Après cette présentation, j’ai refait la boucle toute seule afin de mieux m’imprégner des lieux. J’ai constaté que, bien que la ville soit proche, on n’entendait pas de circulation. J’avais l’impression d’être en pleine campagne! Je me suis installée sur un banc pour faire un petit goûter… C’était très agréable et je me suis dit que j’avais vraiment bien fait de me motiver et de sortir de chez moi! Smile

3 autres choses que j’ai apprises lors de cette sortie :

  • Les moustiques nous ennuient mais ils sont utiles à l’écosystème, comme tous les animaux. J’imagine que vous savez que leurs larves sont aquatiques. Les moustiques ont donc besoin d’eau pour se reproduire. Notre guide nous a dit qu’une canette de soda balancée dans la nature et remplie d’un peu de pluie pouvait abriter une centaine de larves! Elles se nourrissent de particules microscopiques présentes dans l’eau. Pour cela, elles peuvent filtrer jusqu’à 2 litres par jour. Cette filtration est très utile pour entretenir les points d’eau et a une réelle action dépolluante.
    N’oublions pas non plus que les moustiques, sous leur forme larvaire ou adulte, représentent un énorme réservoir de nourriture pour tout un tas d’animaux. Un entomologiste américain, Bruce Harrisson, a calculé que l’éradication des moustiques entraînerait la disparition de 50% des oiseaux!

 

  • Pour faire des réserves de nourriture, le geai des chênes enterre des graines (essentiellement des glands). Comme il a une excellente mémoire, il en retrouve au moins 90%. Quant aux 10% qui restent dans le sol, certaines germent au printemps suivant. Ce genre de comportement peut expliquer pourquoi un noyer a poussé dans le parc naturel départemental.

 

  • Le buddleia, le fameux “arbre à papillons”, n’est pas si bon que ça pour les papillons. Je ne suis pas du tout fan de cet arbuste qui est considéré comme une espèce envahissante et j’ai refusé d’en planter chez moi pour cette raison. J’ai appris ce jour-là qu’il était riche en nectar mais très pauvre en pollen. Du coup, les papillons se gavent du nectar qu’ils adorent mais n’ingèrent aucune protéine (le pollen en contient). Notre guide a comparé cela à un repas composé uniquement de bonbons pour des enfants! J’ajoute que les feuilles et les tiges de buddleia ne sont consommées par aucun insecte. Sauf cas très rare, aucune chenille ne se nourrit de cet arbuste qui renferme des molécules toxiques. Comme il est invasif, il prend la place d’autres espèces de “mauvaises herbes” plus propices aux chenilles. On peut donc considérer qu’il est, en fait, défavorable aux papillons.

Voilà pour cette sortie! Alors, êtes-vous prêt à admettre que tous les végétaux ont leur intérêt et que les “mauvaises herbes” ne le sont pas tant que ça?

J’en profite pour glisser une dernière information. Récemment, quelqu’un m’a fait remarquer que les spécialistes employaient plutôt le terme “adventices” au lieu de l’expression “mauvaises herbes”. Comme notre animateur nous l’a expliqué suite à la question d’un participant, les “adventices” sont des plantes indésirables qui poussent spontanément au milieu d’une culture. On considère, à plus ou moins juste titre, qu’elles font de la concurrence à l’espèce cultivée en consommant de l’eau et des minéraux, en lui cachant peut-être un peu le soleil… Dans un lieu plutôt sauvage comme le Parc de la Prairie du Puiseaux et du Vernisson, il n’y a pas de cultures. Il n’y a donc pas “d’adventices”. Il n’y a pas non plus de “mauvaises herbes”, bien sûr, comme l’a démontré cette animation! Winking smile Vous vous doutez bien que j’étais déjà convaincue!

Eh, je viens de me rendre compte que j’ai fait 6 sorties sur les 24 sorties prévues. J’en suis au quart de mon défi!!! Ça ne mériterait pas quelques encouragements en commentaires, ça? Smile

Crédits photos : photos personnelles

 

8 thoughts on “Défi “Sorties nature” 2018 (n°6) : Vous avez dit “mauvaises herbes”?

  1. Oh, si bien sûr, quelques encouragement pour votre ténacité ! Entre nous, ce n’est pas désagréable ce genre de sortie ! J’ai fait la même samedi dernier sur Meung sur Loire. Bonne continuation.

    1. Merci pour votre message! Bien sûr que c’est agréable de faire des sorties nature! 🙂

      On se croisera peut-être un jour à l’une d’entre elles, alors…

  2. Merci pour toutes ces infos! j’irai y faire un tour!

    1. Tu me diras si tu as trouvé facilement! 😉

  3. ça m’a donné également envie d’y aller. Ce sera peut-être au programme du we prochain pour se ressourcer avt la rentrée sans aller trop loin !
    Merci Flore pour toutes ces bonnes idées.

    1. Super Marina! Un bain de verdure pas loin du centre ville de Montargis, il faut en profiter! 🙂

    1. Bien sûr! 🙂 Je ne suis pas une grande connaisseuse mais c’était un plaisir de manger du miel produit localement.

      Dédicace aux petites abeilles du parc qui ont travaillé sans relâche pour ce résultat. 😉

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